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Les fake news surfent sur nos instincts primates

Google racheté par Apple, Air France qui profite des cyclones pour augmenter ses tarifs… les entreprises ne sont plus épargnées par les fake news. Paradoxalement, alors qu’elles représentent la face sombre de l’ère digitale, ces rumeurs version 2.0 trouvent leur fondement dans une époque éloignée puisqu’elles font partie de notre héritage primate.
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Un appétit animal pour les alertes

Quand Erin Brockovitch (incarnée au grand écran par Julia Roberts) révèle en 1991 que le groupe PG&E a empoisonné le réseau d’eau de la ville, elle n’agit pas autrement qu’un macaque vociférant à la vue d’un prédateur. Elle joue le rôle de lanceur d’alerte, puisqu’elle informe ses congénères d’un danger.

Sans lanceurs d’alerte, les chances de survie dans le monde animal seraient bien plus faibles. Nous n’échappons pas à cette loi, les humains doivent être alertés en cas de menace. Ce besoin d’anticiper les dangers constitue un atout indéniable dans l’évolution de l’homme, mais il présente aussi des effets pervers, tels que la fake news. Certains spécimens humains peu scrupuleux exploitent notre appétit pour les alertes, au service de leur intérêt.

Une prime à la réactivité

Dans le monde animal, plus l’alerte est rapide et plus la troupe a des chances de se mettre à l’abri à temps ou de s’organiser pour contre-attaquer. Le fait de prendre en compte au plus vite, une menace représente un atout indéniable du point de vue de l’évolution.

Grâce à son cerveau "reptilien", l’homme est en capacité d’agir immédiatement quand il confronté à un danger. C’est pourquoi la fake news se fraye un chemin aussi rapidement. L’esprit critique humain n’a guère voix au chapitre, quand nous-mêmes, nos proches, notre patrimoine ou notre confort de vie semblent menacés. Nous ne prenons pas le temps d’analyser les "semblants de preuve" qui sont présentés, et relayons sans tarder cette alerte à nos proches, en espérant qu’ils nous en seront reconnaissants.

Ainsi, déstabilisés par les égarements de leur nouveau président, nombre d’Américains se sont indignés en septembre dernier en apprenant que Budweiser ne voulait plus sponsoriser les joueurs de la ligue de football NFL parce qu’ils protestaient contre Donald Trump. Personne n’avait pensé à vérifier l’authenticité du communiqué controversé. Alors que celui-ci avait été publié en réalité deux ans plus tôt. C’était une fake news. Avec les réseaux sociaux, la mécanique d’alerte s’est emballée.

Avant l’ère digitale, les rumeurs, pour la plupart, restaient localisées ou prenaient leur temps pour grandir, comme la rumeur d’Orléans... le bouche-à-oreille est un procédé lent. Difficile de souffler à l’oreille de plusieurs personnes en même temps. Alors que les fake news sont à la fois beaucoup plus nombreuses, parfois plusieurs par jour pendant une campagne électorale, et plus globales. Elles peuvent faire le tour de la planète via les réseaux sociaux en moins d’une heure !

Cf la suite de la tribune de Marie Muzard dans Les Echos

18 octobre - par MMC

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