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Paradise Papers : ITW de Marie Muzard- Les Echos

Les réponses de Marie Muzard aux 3 questions des Echos

Les Paradise Papers, peuvent-ils impacter la réputation des entreprises ? Comment réduire ce risque ?
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Les scandales d’optimisation fiscale entravent-ils la réputation d’une entreprise ?

Généralement non. On n’observe d’ailleurs pas de décrochage des cours de Bourse des entreprises concernées par les « Paradise Papers » alors que les marchés prennent en compte les risques liés à la réputation. La dimension éthique plus secondaire des scandales d’optimisation fiscale explique notamment l’indifférence de l’opinion publique. La fiscalité mobilise moins que les scandales sexuels ! Aussi, beaucoup d’individus pratiquent, à leur échelle, l’optimisation fiscale. En effet, ne pas déclarer toutes les heures de celui ou celle qui garde ses enfants peut être considéré comme telle.

L’opinion publique est-elle vraiment indifférente ?

Avec la moralisation de la société, il est vrai que la mobilisation est plus forte que par le passé. De plus, les journalistes ont fait un réel effort pédagogique. Ils ont expliqué que si les entreprises ne paient pas leurs impôts, cela se traduit automatiquement par une hausse des prélèvements chez les plus modestes. Ce genre d’argument a plus d’impact sur l’opinion publique que le simple fait de léser l’Etat. Il y a donc eu quelques actions : des commentaires faisant référence aux « Paradise Papers » sur les pages des entreprises concernées. La pétition « Fermez les paradis fiscaux. Maintenant ! » a dépassé le million de signatures.

Comment les entreprises ajustent-elles leur communication ?

Si plusieurs entreprises sont concernées par un même scandale, le plus sage est souvent de ne pas s’exprimer au risque d’attirer l’attention sur soi. Toutefois, une entreprise prise pour symbole devra répondre aux interrogations des médias et de l’opinion. Mais affirmer que les pratiques d’optimisation fiscale sont légales ne suffit pas, car la morale est également en jeu. Les entreprises ont intérêt à communiquer sur leur volonté de renoncer à ces pratiques. Ainsi, le groupe Total a rappelé que, dès 2012, il avait arrêté de créer des sociétés dans des paradis fiscaux. Toutefois, pour ne pas être accusé de « fiscal washing », Total doit bien respecter ses engagements car rien n’est pire qu’être pris en flagrant délit de mensonge.

Cf l’article de Eleonore de Marnhac Les Echos du 20 novembre

20 novembre - par MMC

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